Mon ado, stressé ? ça m’étonnerait.

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Non, le stress n’est pas un « luxe » réservé aux adultes. Figurez-vous qu’en y regardant de plus près, vous pourriez vous trouver un nouveau (peut-être pour certains un premier) point commun avec votre ado.

En général, quand on associe adolescence et stress c’est d’abord en pensant au stress qu’ils procurent chez nous.

Ils rentrent en retard… et ça nous stresse.

Ils ne bossent pas leurs cours … et ça nous stresse.

Ils ne rangent pas leur chambre… et ça nous stresse.

Ils passent leur vie derrière un écran… et ça nous stresse.

Bref, la liste est longue. Mais là n’est pas le propos de l’article. Je vous encourage souvent à penser à vous, à  ne pas vous oublier, etc… mais cette fois on s’oublie un peu et, comme on dit en psycho on se « décentre » pour se mettre un instant dans les baskets de notre ado.

Chez les adultes, on utilise le mot stress pour tout et son contraire. Chez les ados, par contre, il semblerait qu’on essaie par tous les moyens de l’éviter. On parle plutôt de démotivation, de fénéantise, de passivité, d’apathie, de spleen, mais rarement de stress. Pourtant cette période de transition qu’il vit est par essence même un réservoir de multiples stress potentiels.

Pensons seulement aux changements hormonaux et physiques qu’il vit, aux questions qu’il est censé résoudre du style « choisir un métier »,  aux premiers émois amoureux qu’il s’apprête à vivre (ou pas..), aux attentes formulées à son égard qu’il aimerait bien satisfaire sauf qu’il y a tellement de bonnes raisons de ne pas s’y mettre, aux crises de milieu de vie que ses parents sont peut-être en train de traverser, et si on pense qu’à côté de ce quotidien, il doit gérer les problèmes de toutes ses vies virtuelles … on serait bien stressé pour moins que ça. Ajoutons les causes traditionnelles de stress (déménagement, divorce, perte d’un proche,…) qui peuvent s’y ajouter et la coupe est pleine.

Chez l’ado les symptômes ne sont pas forcément les mêmes que chez l’adulte. Quand nous, on assaille nos meilleures copines avec nos problèmes, eux ont plutôt tendance à se refermer sur eux-mêmes. Quand on attend le soir pour se ruer sur la plaque de chocolat, eux vont avoir soudainement envie se chauffer une pizza congelée. Pendant que vous prenez rendez-vous chez la manucure pour vous changer les idées, eux se rongent les ongles. Et si vous avez plutôt tendance à vous écroulez de fatigue devant la TV, eux tournent en rond dans leur lit, pris d’insomnies. Quand vous êtes stressés vous êtes du genre à vous agiter et courir dans tous les sens, eux sont encore plus passifs que d’habitude et n’ont envie de rien faire. L’ado ne va pas crier hystériquement « mais enfin tu le vois pas que je suis stressé, personne ne demande comment je vais MOI « , il va plutôt prétendre que « non, cè bon, vraiment, y’a rien de spécial, arrête de me poser la question chaque 2 minutes. »

Bref, quand un ado est stressé ce n’est pas forcément visible. Ni lui, ni ses parents n’en sont forcément conscients. L’idée n’est pas de voir du stress partout et d’en trouver à tout prix, mais d’être attentif au sujet pour pouvoir agir.

Etre stressé n’est pas une fatalité, pas plus pour l’adulte que pour l’adolescent. Une fois qu’on l’a identifié, il y a des moyens de le prévenir, des moyens de le gérer. Des exercices pratiques simples et faciles (telle que la prise de conscience de sa respiration)  peuvent être d’une grande aide. C’est dans ce but que Promotion santé Suisse a mis sur pied le programme « traque ton trac » qui a notamment pour mission de former des psychologues à cette problématique et d’encourager l’organisation d’atelier de gestion du stress pour adolescents (Repairage organisera des ateliers en avril et en mai, dates à définir selon le nombre de participants).

Sachant qu’un parent averti en vaut deux, j’espère que vous serez nombreux à lire et partager cet article. Je me réjouis de recevoir vos commentaires.

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